Du bureau de notre Grande prêtresse
Halloween XXXIV A.S.
Halloween est la période traditionnelle où les portes obscures du royaume des ténèbres, de la mort et du surnaturel sont grandes ouvertes. Les démons et les esprits sont libres de régner pour une nuit, cabriolant, nous invitant à les rejoindre dans leurs rondes et nous révélant des brides d'avenir. En tant qu'enfant ,ayant été attiré par des passions plus sinistre , je me suis toujours réjouie de la peur et du merveilleux suscités par l'Halloween. Elle offre même aux personnes les plus mondaines l'occasion de pouvoir goûter à la perfidie pour une nuit. Ils ont la chance de pouvoir danser avec le Diable, soit en tremblant, trébuchant et chancelant de nervosité dans les bras du Prince ténébreux, ou en partageant fièrement avec audace et langueur des excès lascifs et de la terreur d'autrui en cette nuit maudite et magique. Notre fils, Xerxes, est né le 1er novembre, qui se trouve être le Jour des Morts dans les cultures latines, et est un moment de communion et de retrouvailles avec les ancêtres défunts depuis longtemps. Nous avons célébré l'anniversaire de Xerxes sur l'heure de minuit les trois dernières Halloweens. Et ensuite notre Grand prêtre, mon amour et mon Maître, est mort la nuit du 29 octobre 1997, soit trois jours avant le quatrième anniversaire de Xerxes. Bien que cela ait été douloureux pour Xerxes et moi-même ces deux dernières années, il semble approprié que le D. LaVey soit mort lorsqu'il l'a été, au moment où la barrière entre la vie et la mort n'est plus qu'un mince fil. En une telle nuit, tout peut arriver.
Défier la foi aveugle tout en demeurant ouverte aux innombrables possibilités : voilà pourquoi je suis fière de porter le Baphomet. Ceci est l'un des éléments principaux cristallisés par la philosophie de Anton LaVey en ce que nous appelons le satanisme. Je n'ai pas à être un "vrai fidèle" pour entretenir de folles fantaisies. Je suis en mesure d'apprécier le pouvoir de la peur, de la sensualité et du rituel sans abandonner pour cela ma raison. Dans le satanisme, ces deux éléments sont essentiellement le même. La sexualité et l'intelligence, la religion et la logique, l'imagination et la science, l'illusion et la réalité, les faits et la fiction : tous ces éléments s'entremêlent pour former d'intrigants modèles. Les satanistes plongent tête première dans cet univers de possibilités, se réjouissant davantage de la complexité de la vérité que du confort d'un mensonge. La stimulation par la complexité nous est tout simplement délectable : ce va- et -vient entre les extrêmes nous amène inévitablement à un équilibre. Voilà l'essence de la vie. L'inertie mène à la stagnation.
Anton LaVey n'a jamais prétendu posséder réponse à tout. Son désir, en fin de compte, était d'encourager les gens à ne jamais cesser de questionner, de s'investir dans les jouissances de la vie et se dépasser constamment. Nous sommes constamment à la recherche de défis, et passons notre vie entière à frôler la ligne rouge. Ce qui perturbe les autres, les inquiète ou les menace, est vivifiant pour nous.
La peur et le changement nous mettent au défi. La perte du D. LaVey il y a deux ans de cela fut un grand défi pour nous tous, mais nous avons utilisé cette perte pour concentrer d'avantage nos idéaux et pour être encore plus tenaces dans notre détermination. Anton LaVey vit toujours : lorsque nous rions, lorsque nous jouons de la musique, ou que nous nous amusons avec nos enfants, lorsque nous atteignons nos objectifs personnels et que nous nous accouplons lascivement avec nos amants. D'après ces deux dernières années, je peux constater que le satanisme est bien vivant et que l'avenir de l'Église de Satan est certain. Nous demeurerons cette cabale souterraine composée d'hérétiques que Anton LaVey a formée en 1966. Nous continuerons de partager notre connaissance intacte et notre force avec ces individus, appartenant au Diable, qui les recherche avec patience, persistance et sincérité. Nous enseignerons à nos enfants comment étreindre la vie sans honte ni réserves. Nous ne les endoctrinerons pas, refusant de substituer une tradition aveugle pour une autre. La société a bien vu récemment à quel point les jeunes deviennent fâchés et amers lorsqu'ils découvrent que ceux en position d'autorité leur ont mentis. Nous offrirons une voie distincte pour répondre aux observations et aux expressions de chaque enfant, une connaissance éclairée de la justice et, encore plus important, nous encouragerons la compréhension des peurs et des déficiences humaines, et comment les utiliser à leur propre avantage.
Oui, les démons m'ont effectivement offert un clair aperçu de l'avenir en cette nuit maudite. J'aperçois la lumière briller avidement dans les yeux de mon fils tandis qu'il danse gaiement dans son costume de pirate. Je peux voir les petits monstres, les sorcières et les vampires enfin libres d'errer dans les rues sans restrictions. J'entrevois la raison, la science et la fantaisie faire éclater la fade léthargie des philosophies défuntes. J'aperçois les satanistes du monde entier se réunissant en petits groupes en cette nuit et dans les Halloween d'ici 500 ans, pour lever leurs verres aux légions infernales, aux révolutionnaires, aux artisans de mythes, aux infidèles et aux réprouvés, et à la santé de Anton LaVey -- longue vie à notre Grand prêtre !
Salut à Satan!
Grande prêtresse Blanche Barton
Église de Satan
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